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Vaincre la honte : briser le silence

Amelia Rising Sexual Assault Centre de Nipissing

Il suffit parfois de gratter la surface pour dévoiler un besoin profond. Lorsque le Amelia Rising Sexual Assault Centre de Nipissing s’est associé au North Bay Crisis Centre pour offrir un programme de soutien aux hommes qui ont connu la violence sexuelle, l’organisme a répondu à un besoin dont les conseillers et les travailleurs en santé mentale de la région étaient conscients. Mais ce à quoi ils ne s’attendaient pas, c’est l’ampleur de ce besoin et la façon dont la communauté a réagi au programme.

« Au fil des ans, il nous est arrivé de recevoir des appels de familles et d’hommes qui avaient subi des actes de violence sexuelle nous demandant comment on pouvait les aider, explique Nancy Chivers, conseillère au Amelia Rising. « Nous avons pris note de ces demandes, mais il n’existait pas de structure d’aide, même de la part des conseillers privés, à moins de payer. » Tout cela a changé lorsqu’une subvention de la Fondation Trillium de l’Ontario a permis au Amelia Rising de fournir des ressources et d’organiser des groupes de soutien pour les hommes du district de Nipissing ayant connu la violence sexuelle.

Des annonces diffusées à la radio et dans les journaux et un panneau-réclame placé devant un magasin Canadian Tire à North Bay ont rapidement fait connaître le programme. Après avoir reçu plus de 300 appels téléphoniques et s’être entretenus avec des victimes, le Amelia Rising et le Crisis Centre ont chargé une équipe formée de conseillers hommes et femmes de mettre au point un programme. Une soixantaine de participants ont été répartis entre des groupes de soutien composés chacun de sept ou huit personnes et des séances de 12 semaines ont été organisées. Les participants devaient avoir au moins 16 ans et les âges variaient entre 18 et 75 ans. Certains ont même fait jusqu’à 100 kilomètres aller-retour pour participer.

« La première séance traitait des mythes autour de la violence sexuelle, explique Mme Chivers. Beaucoup avaient du mal à comprendre que les hommes et les garçons peuvent être vraiment des victimes, et que les hommes qui agressent d’autres hommes n’ont aucun lien avec le monde homosexuel. » En raison des années de silence et de la honte que beaucoup avaient subies, les responsables s’attendaient à ce que les choses démarrent lentement, « mais c’est comme si on avait brisé un barrage, ajoute Mme Chivers. Lorsque les hommes ont commencé à parler, ils ne pouvaient plus s’arrêter. » Aucun des participants n’a manqué une seule séance au cours des 12 semaines du programme.

« Les résultats de l’évaluation que nous avons effectuée à la fin du programme étaient unanimement positifs, révèle Mme Chivers. La plupart des participants auraient souhaité que les séances durent plus longtemps et chacun était d’avis que le programme devait continuer. »

Amelia Rising est maintenant en quête de fonds supplémentaires afin de former des fournisseurs de service chargés de travailler avec des personnes qui ont connu la violence sexuelle dans le Nord et les régions rurales de l’Ontario.

Pour la plupart des hommes de Nipissing qui ont participé à ces séances, c’était la première fois qu’ils révélaient ce qu’ils avaient vécu, qu’ils pouvaient parler de leur honte. Le groupe de soutien n’était qu’un début, ce sont surtout la compassion, la compréhension et l’acceptation que chacun a manifestées vis-à-vis des autres qui leur ont permis d’entamer un véritable processus de guérison.

www.ameliarisingsexualassaultcentre.com

SOMMAIRE DE LA SUBVENTION
En 2003, la FTO a accordé à l’organisme Amelia Rising une subvention de 88 200 $ échelonnée sur deux ans afin de créer, en collaboration avec le North Bay Crisis Centre, des services de soutien de groupe destinés aux hommes survivants d’agression et de mauvais traitements sexuels.

 




La Fondation Trillium de l’Ontario relève du gouvernement de l’Ontario.