La liberté gravée dans la pierre
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 Le cairn en pierres immortalise la souffrance des esclaves fugitifs qui se sont rendus jusqu'à Owen Sound, le terminus le plus au Nord du chemin de fer clandestin.
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L’histoire commune de nos ancêtres définit une collectivité et, tel un fil, lie ses citoyens les uns aux autres. Les gens de la région d’Owen Sound sont particulièrement fiers de leur histoire. Il y a près de 200 ans, leur ville était le terminus le plus au Nord du chemin de fer clandestin emprunté par des esclaves américains fuyant les États-Unis pour connaître la liberté au Canada.
Grâce à l’aide de la Fondation Trillium de l’Ontario, les résidents d’Owen Sound ont uni leurs efforts pour reconnaître officiellement l’histoire des Noirs dans leur ville et commémorer le passé d’une manière tout à fait unique et artistique. Sous la direction du conseiller municipal Peter Lemon et de l’artiste Bonita Johnson de Matteis, descendante directe d’un esclave fugitif, ils ont construit un monument figuratif et symbolique, plus précisément, un cairn en pierres, maintenant devenu le point central du parc Harrison situé au bord de la rivière Sydenham.
« Quand on m’a demandé de donner des idées pour le cairn, je savais que j’allais produire quelque chose reflétant les influences que j’ai reçues plus tôt dans ma vie qui m’ont fait comprendre ce qui était important à la survie et la longévité de ma famille », dit Mme Johnson de Matteis.
Le cairn est conçu pour représenter une « pierre angulaire » symbolisant la solidité de la propriété familiale rurale et de l’église. Chaque élément a été soigneusement choisi pour illustrer l’histoire du chemin de fer clandestin.
« Le plancher du cairn arbore un motif de courtepointe, explique M. Lemon. Un artisan local a reproduit dans la pierre neuf symboles utilisés par les esclaves fugitifs pour se diriger vers le Nord. »
Comme il était défendu aux esclaves d’apprendre à lire, on indiquait aux fugitifs de repérer certains symboles, ceux-ci étant souvent cousus dans des courtepointes accrochées à l’extérieur des maisons le long du chemin de fer clandestin. « Le vol d’oies leur indiquait la route à prendre tandis que l’étoile représentait l’étoile Polaire, leur point de repère la nuit, poursuit M. Lemon. La roue signifiait qu’ils allaient voyager en chariot; le motif du « chemin de l’ivrogne » leur signalait les bifurcations dans le chemin et les courbes dans les sentiers.
Les pierres formant les murs du cairn ont, elles aussi, une profonde signification. Beaucoup d’entre elles, extraites de carrières par d’anciens esclaves pendant les premières années d’Owen Sound, ont été récupérées dans un édifice de la région. Une autre provient de la première église noire à Montgomery, en Alabama. D’autres encore ont été données par certains des états américains libres, comme les États de New York et du Michigan. La pierre d’angle, la pièce sans doute la plus fascinante, vient directement d’Afrique. « La forme du cairn représente la maison, l’église et la communauté, ajoute M. Lemon. Les fenêtres font face au Nord, en direction l’étoile Polaire, et à l’Est pour voir la rivière que les fugitifs ont longée. » Les fenêtres ont été façonnées à partir des châssis de la première église noire d’Owen Sound. |
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Le sentier de la liberté
Le cairn marque la première étape du projet du sentier de la liberté d’Owen Sound, consacré au thème Fuir vers la liberté, lutter pour la liberté. Ce projet vise à réaménager un parc tout près du cairn pour reproduire, en partie, le terrain que les esclaves fugitifs ont parcouru dans leur périple pour venir au Canada.
Un des lieux importants sur ce sentier est le cimetière Greewood, où sont enterrés de nombreux anciens esclaves venus dans cette région. C’est aussi là que reposent deux maires abolitionnistes d’Owen Sound et de nombreux anciens combattants, noirs et blancs, qui ont fait la guerre pour défendre la liberté. Le sentier se terminera sur les lieux d’une chapelle centenaire qui sera rénovée et transformée en centre d’interprétation de l’histoire et du patrimoine des Noirs. |
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Le cairn, l’histoire des Noirs à Owen Sound et le rôle que cette ville a joué dans le chemin de fer clandestin ont suscité énormément d’intérêt. M. Lemon a été invité à prononcer une conférence sur le projet et le patrimoine de sa ville à l’université Temple, à Philadelphie. TVOntario et Shelagh Rogers du réseau anglais de Radio-Canada ont également présenté des reportages sur le cairn au cours de leurs émissions dédiées au Mois de l’histoire des Noirs.
« Le soutien de la Fondation Trillium de l’Ontario nous a permis de mettre ce projet en marche, dit M. Lemon. Nous avons pu exécuter le projet plutôt que de passer un temps fou à recueillir des fonds. Cette subvention nous a aussi donné le soutien dont nous avions besoin pour obtenir des fonds d’autres sources. »
« Ce projet a amené plus de gens à Owen Sound et a stimulé le tourisme, conclut M. Lemon. Le cairn revêt toutefois une importance pour l’ensemble de l’Ontario. L’histoire des Noirs fait partie de l’histoire et du patrimoine de notre province. Avec des projets comme celui-ci, jamais nous n’oublierons les épreuves que les gens ont traversées pour acquérir leur liberté, et le rôle que le Canada et l’Ontario ont joué pour les aider dans leur quête. »
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SOMMAIRE DE LA SUBVETION En 2004, la FTO a accordé au Marine and Rail Museum d’Owen Sound une subvention de 46 000 $ échelonnée sur six mois afin de créer un cairn commémoratif en pierres qui deviendra un centre de célébration et d’éducation à Owen Sound, le terminus le plus au Nord du chemin de fer clandestin emprunté par des esclaves noirs pour s’enfuir des États-Unis.
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