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Bienvenue à la révolution verte Une nouvelle technologie resserre les liens entre les agriculteurs et les municipalités
John Stolp a trouvé la recette du succès. Les ingrédients? Du fumier de dindon, des boues d’épuration, des déchets urbains et des tontes de gazon, agrémentés d’un soupçon de feuilles. Cela vous semble épouvantable? Pas si vous cherchez à pratiquer l’agriculture responsable sur le plan écologique, à gagner quelques dollars et à rapprocher les agriculteurs et les citadins...
M. Stolp a travaillé en collaboration avec la Brant County Federation of Agriculture et Global Earth Products pour mettre sur pied un site de compostage commercial révolutionnaire dans sa ferme d’élevage de dindons située à l’extérieur de Brantford. Ce site remporte un succès tel que les agriculteurs et les fonctionnaires municipaux de toutes les régions de l’Ontario viennent lui rendre visite pour voir comment le projet fonctionne.
L’idée vient à M. Stolp à la fin des années 1990. Il craignait que les 500 tonnes de fumier produites chaque année par ses 12 000 dindons envahissent sa petite ferme de 25 acres lorsque, par hasard, il rencontre Tom Smith, président de Global Earth Products, qui lui dit que sa compagnie a créé une nouvelle technologie de compostage du fumier, qu’il a appelée tout simplement « La merveille ».
Le système maintenant breveté est formé essentiellement d’un gigantesque réservoir rectangulaire dans lequel le fumier et d’autres matières organiques courantes comme des feuilles et des résidus de jardin sont déposés et mélangés selon une recette donnée. Il suffit d’appuyer sur un bouton, et un mécanisme mobile formé de barres retourne tout le compost pour l’aérer, ce qui réduit les odeurs et rend le mélange plus uniforme.
Après avoir constaté que ce système apportait une solution à son problème, M. Stolp a commencé à travailler avec la Brant County Federation of Agriculture, son commanditaire, pour obtenir les 145 000 $ dont il avait besoin pour mettre en oeuvre un projet pilote dans sa ferme. Il a découvert que les recherches menées sur une période de quatre ans par le collège Ridgetown, qui est tout près, avaient révélé que la meilleure recette de compostage utilise surtout les feuilles parce qu’elles contiennent plus de carbone que d’autres matières organiques. M. Stolp a donc élaboré un plan pour que le comté lui donne un coup de main en apportant chez lui les feuilles ramassées par les résidants de la région de St. George à l’automne. Le conseil et le personnel du comté se sont intéressés à ce projet eux aussi parce que les feuilles n’auraient pas besoin d’être déposées à la décharge si elles étaient recyclées à la ferme.
« J’ai commencé en parlant d’une autre façon de procéder à différents organismes communautaires, aussi bien les Scouts que l’association de l’amélioration des affaires, explique-t-il. Plutôt que d’apporter leurs feuilles au dépotoir, même s’ils s’inquiétaient de l’enfouissement et de toutes sortes de choses, les gens pouvaient apporter leurs feuilles chez moi pour ce projet. Après tout, les agriculteurs ont des déchets (le fumier), et les communautés ont des déchets (les feuilles et les boues d’épuration). Voyons maintenant comment nous pouvons travailler ensemble pour résoudre le problème tout en améliorant l’environnement ».
Pour M. Stolp, la technologie de compostage n’était pas une fin en soi; il avait un autre objectif. « Ça ne coûtait rien de faire transporter le fumier, mais ça ne rapportait rien non plus », dit-il.
Ce projet de compostage en est maintenant au milieu de sa deuxième année et M. Stop a déjà réussi à vendre son compost à quatre terrains de golf locaux. Il y a également des possibilités dans les centres de jardinage et auprès d’entrepreneurs paysagistes, mais pour l’instant, les terrains de golf sont ses clients les plus intéressants. « En tant qu’industrie, ils sont présentement soumis à d’énormes pressions pour suivre les directives de gestion des nutriments. »
« En nous accordant cette subvention, la Fondation Trillium de l’Ontario est vraiment sortie des sentiers battus parce qu’il s’agit d’un projet très novateur. Nous sommes en train de créer une harmonie entre les agriculteurs, les éleveurs de bétail et les villes avoisinantes, trois groupes pour qui les déchets posent des problèmes et des préoccupations, affirme-t-il. Je suis heureux que la Fondation Trillium de l’Ontario ait eu la perspicacité de voir que ce projet, en aidant à résoudre le problème de la gestion des déchets, cadre tout à fait avec sa mission visant à améliorer l’environnement et à créer une vie meilleure pour les gens des communautés. »
« Où que l’on soit en Ontario, ici ou ailleurs, le fumier, c’est du fumier. Ce que nous avons accompli avec le soutien de la Fondation Trillium de l’Ontario peut s’appliquer partout dans la province et offre la possibilité d’aider les éleveurs de bétail dans toutes les régions. » |